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LE FILM NOIR ET BLANC

La structure d'un film

Un film est constitué par différentes couches reposant sur un support en polyester ou en acétate.

L'émulsion photographique

est une dispersion de cristaux d'halogènure d'argent sensibles à la lumière en suspension dans de la gélatine.
On trouve des :

  • AgCl: Chlorure d'argent
  • AgBr: Bromure d'argent
  • AgI: Iodure d'argent
La couche de protection

de l'émulsion protège celle-ci des sollicitations mécaniques qui pourraient l'endommager. Quelles qu'elles soient, les pressions mécaniques que subit l'émuslion se traduisent sur celle-ci de la même manière qu'une exposition à la lumière, soit par un noircissement de la zone touchée. Beaucoup de points, traits ou traces blanches qui apparaissent au tirage n'ont pas d'autre origine. Les pliures provoquées par une mise en spire accrobatique provoquent les "queues d'hirondelle" bien connues.

Le support

en polyester est trés utilisé, tout comme l'acétate. Les pellicules en rouleau tout comme les plans-films sont couchés sur des support de 100 micros d'épaisseur, alors que les films petits formats sont en général sur support de 135 microns.

La couche anti-halo,

a pour mission de protéger l'émulsion contre les reflets de la lumière, qui en traversant le film, rebondissent en quelque sorte et provoque des reflexions parasites. La plus courante, car moins onéreuse est la simple coloration du support en gris. Certains films ont une couche A-H s'interposant entre le support et l'émulsion. D'où la différence de transparence des divers films du marché. Cette couche anti-halo est visible sous la forme d'une coloration, en générale grise, que l'on voit dans les zônes non exposées du film.

Les caractéristiques d'une émulsion

Sa rapidité ou sensibilité à l'action de la lumière
Sa latitude d'exposition
Sa granulation
Son pouvoir résolvant
Sa sensibilité chromatique

Avant de poursuivre, nous vous recommandons de lire "les notions de densito", afin de vous familiariser avec les courbes caractéristiques des films, dont nous allons faire usage.

Sa rapidité ou sensibilité à l'action de la lumière

La première caractéristique d'un film est sa sensibilité à la lumière, qui est déterminée lors de sa fabrication.
Chaque film nécessite d'être exposé à une certaine quantité de lumière pour obtenir un noircissement minimal qui soit exploitable.

courbe1
courbe1

Sur les pieds de courbe de la Kodak Plux-X 125 et de la Tri-X 400 iso, nous constatons que sur la première partie de son parcours, la courbe reste horizontale, ce signifie que les sels d'argent ne réagissent qu'à partir d'un certain d'exposition à la lumière.
Les deux films ne nécessitent pas le même seuil d'exposition pour réagir. Le noircissement de la Tri-X débute à un Log(E) inférieur à celui de la Plus-X. Ce point, où débute la sensibilité à la lumière du film permet aux fabricant de donner à chaque film sa valeur de sensibilité nominale. Celle-ci est donnée en ISO (Organisation Internationale de Standardisation), qui reprend les anciennes normes ASA et DIN. La Tri-X a une sensibilité nominale de 400/27° ISO, soit 400 Asa et 27 Din, la Plus-X 125/22 ISO. On dit couramment 125 ISO, 400 ISO plutôt que 125/22, 400/27.
La sensibilité ISO double arithmetiquement (un film de 400 ISO est deux fois plus sensible qu'un film de 200 ISO et nécessite donc de deux fois moins de lumière).
A lumière égale, un film de 400 ISO nécessitera une femeture de diaphragme supplémentaire qu'un film de 200 ISO et deux fermetures de plus qu'un film de 100 ISO (ou une réduction équivalente en vitesse).

calcul de la sensibilité nominale
courbe

La courbe de densité ne commence pas à 0. Cela est dû à la densité du support, variable selon les films, ainsi que celle du voile de base. Cette densité de base est celle des zones du film développé, qui n'ont pas été exposées à la lumière.


Pour déterminer la sensibilité d'un film, il faut d'abord rechercher la valeur de lumination minimale qui entraine un noircissment perceptible. Cette valeur correspond à un noircissement tout juste mesurable de l'émulsion. On la mesure pour une densité supérieure de 0,10 à celle support additionnée du voile de base. Cette densité de 0,10 supérieure au support+voile correspond aux premiers détails visibles dans les ombres profondes.
Toutefois, pour mesurer la sensibilité nominale d'un film, il faut respecter certaine conditions. Si nous Observons les courbes de la Tri-X développée dans le D76, nous constatons que l'augmentation du temps de développement augmente le contraste, aussi légèrement la densité du voile de base, donnant ainsi l'illusion d'une augmentation de la sensibilité du film aux dépends du rendu des valeurs. Mais la modification du temps de développement ne fait en aucun cas varier le niveau de lumination/sec minimum nécessaire à provoquer un noircissement visible sur le film!
C'est pourquoi certains précautions sont prises pour effectuer cette mesure.

courbe

On détermine la densité minimale de noircissment en augmentant de 0.10 point la densité du voile de base+support. On obtient la valeur Hm de lumination/sec qui permet d'obtenir cette densité. Nous mesurons ensuite le contraste en mesurant sur la courbe, un point Hn correspondant aux hautes lumières (un écart de 1,30 log(H)). En reportant ce point sur la courbe sur l'echelle des densité, il doit y avoir un écart entre ce point et le seuil de noircissement de 0,80 D.
Cette condition remplie, on peut mesurer la sensibilité ISO. ISO=0,80/Hm

courbe

Prenons comme exemple la courbe de la Tri-X développée au D76. la seule courbe qui corresponde aux conditions ci-dessus, est celle du film développé pendant 8'. Coincidence? c'est la durée recommandée par Kodak pour la Tri-X.
Le point Hm correspond à un log lumination de -2,7, soit 10-2.7, soit 0.002 lux/sec.
La sensibilité est donc de 0.80/0.002= 400 ISO !